VVPP — Vallée du Vern Patrimoine et Paysages

Comprendre la situation

Un projet photovoltaïque contesté

Porteur
EnergieKontor France (groupe allemand EnergieKontor AG, bureaux à Toulouse)
Localisation
Rive droite vallée du Vern — Les Gauteries À 1,7 km du château de Grignols (monument historique)
Surface clôturée
16,34 ha — 3 parcelles agricoles
Installation
24 076 panneaux photovoltaïques

Les terres concernées

Comment sont réalisés ces photomontages ?

Pour élaborer ses photomontages, VVPP s'appuie sur les données fournies par le pétitionnaire dans son Étude d'Impact Environnemental :

  • 506 tables photovoltaïques pour une puissance de 15,17 MWc (page 26 de l'Étude d'Impact Environnemental)
  • Le plan de masse du projet (page 27 de l'Étude d'Impact Environnemental)
  • Une surface clôturée de 16,34 hectares (page 38 de l'Étude d'Impact Environnemental)
  • Un linéaire clôturé de 2,6 km (page 31 de l'Étude d'Impact Environnemental)
  • Une hauteur de panneau de 2,92 m (page 29 de l'Étude d'Impact Environnemental)
  • Une hauteur de clôture de 2,20 m (page 30 de l'Étude d'Impact Environnemental)
  • Une plantation d'arbustes d'une hauteur de 0,80 m à 1 m, majoritairement à feuillage caduc : 5 essences sur 6 (page 250 de l'Étude d'Impact Environnemental)
Vue aérienne des parcelles aujourd'hui : prairies, alignements de noyers et bâtiments agricolesAujourd'hui
Photomontage aérien du projet : 16,34 hectares de panneaux photovoltaïques clôturés à la place des prairiesAprès projet
L'emprise du projet vue du ciel — 16,34 hectares, soit 24 076 panneaux. Simulation du projet par photomontage1.
Les parcelles vues depuis le coteau : champs cultivés bordés d'arbres, vallée boisée en arrière-planAujourd'hui
Photomontage du projet vu depuis le coteau : la totalité des parcelles recouverte de panneaux photovoltaïques sombresAprès projet
Depuis le coteau, l'ensemble des parcelles cultivées disparaît sous les panneaux. Simulation du projet par photomontage1.
Le chemin rural des Gauteries aujourd'hui : champs labourés de part et d'autre, alignement de noyersAujourd'hui
Photomontage du projet : le chemin rural des Gauteries encadré de clôtures et de panneaux photovoltaïques sur toute sa longueurAprès projet
Le chemin rural devient un couloir entre deux enceintes clôturées. Simulation du projet par photomontage1.
Le chemin public des Gauteries aujourd'hui : champs ouverts, rideau d'arbres et château de Grignols visible sur la colline boiséeAujourd'hui
Photomontage du projet depuis le chemin des Gauteries : rangées de panneaux photovoltaïques en premier plan, devant le château de GrignolsAprès projet
Les panneaux s'intercalent entre le chemin public et le château de Grignols. Simulation du projet par photomontage.

Le projet modélisé en 3D

Faites glisser le curseur pour faire apparaître le parc. Chaque paire est rendue depuis la même caméra : seul le projet change.

Vue aérienne depuis le sud-ouest, aujourd'hui : parcelles cultivées, alignements de noyers et ferme des Gauteries
Même vue avec le projet : trois enceintes de panneaux photovoltaïques clôturées autour de la ferme des Gauteries
Aujourd'huiAprès projet
Depuis le sud-ouest — la ferme des Gauteries se retrouve encerclée par la clôture du parc.
Vue aérienne depuis le sud-est, aujourd'hui : parcelles agricoles de la vallée du Vern
Même vue avec le projet : panneaux photovoltaïques sur l'ensemble des parcelles, alignements de noyers enclavés entre les enceintes
Aujourd'huiAprès projet
Depuis le sud-est — les alignements de noyers se retrouvent pris entre les enceintes clôturées.
Vue aérienne depuis le nord-est, aujourd'hui : parcelles agricoles de la vallée du Vern
Même vue avec le projet : les panneaux couvrent les parcelles de part et d'autre de la ferme
Aujourd'huiAprès projet
Depuis le nord-est — les panneaux occupent toute la longueur des parcelles, de part et d'autre de la ferme.
Vue aérienne depuis le nord-ouest, aujourd'hui : parcelles agricoles de la vallée du Vern
Même vue avec le projet : enceintes de panneaux photovoltaïques le long de la route
Aujourd'huiAprès projet
Depuis le nord-ouest — le parc longe la route sur toute sa longueur.

Modélisation 3D VVPP. Relief, orthophotographie et bâti : données IGN. Implantation des tables, pistes et clôtures d'après les plans du dossier de permis de construire.

Explorer la maquette en 3D interactive →

Localisation sur la carte

Tracé indicatif de l'emprise du projet sur la commune de Grignols. Sources : avis du Syndicat Mixte du Pays de l'Isle en Périgord (délibération n° 2025-07-BU-02 du 16 juillet 2025).

Un projet en zone agricole non constructible

Les parcelles concernées, classées en zone non constructible (ZnC), viennent d'être inscrites par la commune en Zone d'accélération des Énergies Renouvelables.

Aujourd'hui, ces terres sont exploitées en agriculture biologique (pois chiche, sorgho, sarrasin, truffe, noyers). Le projet prévoit leur conversion en pâturage ovin sous panneaux, avec une centaine de brebis. Sur les 16,34 ha clôturés, 15,84 ha de cultures vont changer d'occupation.

L'avis du Syndicat Mixte

Le 16 juillet 2025, le Bureau du Syndicat Mixte du Pays de l'Isle en Périgord a rendu un avis favorable au projet. L'avis lui-même reconnaît « un impact assez fort du projet sur l'environnement et la biodiversité ».

Un calendrier qui s'accélère

Le projet a démarré en 2021. Le conseil municipal de Grignols a délibéré favorablement. La Communauté de Communes Isle Vern Salembre (CCVIS) a donné son accord et inscrit la zone au futur PLUi (horizon 2026). L'étude d'impact et l'évaluation environnementale sont en cours, et l'enquête publique interviendra dans les prochains mois.

C'est maintenant que notre mobilisation peut peser. L'enquête publique est la fenêtre décisive pour faire valoir nos arguments.

Pourquoi nous nous opposons

Nos arguments

L'association ne s'oppose pas aux énergies renouvelables. Elle s'oppose à l'implantation d'une centrale photovoltaïque industrielle sur 16 hectares de terres agricoles vivantes, en plein cœur d'un paysage et d'un patrimoine remarquables — alors même que les documents d'urbanisme prescrivent d'éviter ces sites.

01

Avis des commissions départementales et régionales

  • L'unité départementale de l'architecture et du patrimoine de la Dordogne a émis un avis défavorable.
  • L'architecte conseil de l'État a émis un avis très défavorable.
  • Le paysagiste-conseil de l'État a émis un avis très défavorable.
  • La maire de Neuvic a émis un avis défavorable.
  • La mission régionale d'autorité environnementale Nouvelle-Aquitaine (MRAe) considère l'impact paysager du projet non conciliable avec le site d'implantation (page 10 de l'avis de la MRAe).
  • Cette même mission déplore :
    • l'absence du volet agricole dans la description du projet (page 3 de l'avis de la MRAe)
    • l'absence du bilan des gaz à effet de serre (page 7 de l'avis de la MRAe)
    • l'absence de demande de dérogation à l'interdiction d'habitats d'espèces protégées (espaces de reproduction et espace de repos) (page 8 de l'avis de la MRAe)
    • que le pétitionnaire aurait dû rechercher d'autres sites d'implantation (page 9 de l'avis de la MRAe)
  • Elle recommande également :
    • de reprendre l'évaluation des impacts résiduels du projet sur les habitats naturels et la faune (page 8 de l'avis de la MRAe)
    • la mise en place de mesures de suivi écologique du projet (page 8 de l'avis de la MRAe)
    • que les enjeux paysagers du site d'implantation soient reclassés au niveau maximal « Fort » (page 6 de l'avis de la MRAe)
02

Biodiversité, ZNIEFF et zones humides

  • Le projet est directement concerné par une ZNIEFF de type II et une ZNIEFF de type I ; un site Natura 2000 se trouve à proximité.
  • 6 habitats de type zone humide floristique ont été recensés, soit environ 7,8 hectares, inventoriés au SDAGE Adour-Garonne 2022-2027.
  • 12 espèces patrimoniales possèdent des potentialités d'accueil importantes sur le périmètre élargi : Agrion de Mercure, Cuivré des marais, Damier de la Succise, Grand Capricorne, Lucane cerf-volant…
  • Les inventaires recensent oiseaux, mammifères, chiroptères, herpétofaune, amphibiens, insectes et arbres remarquables (favorables aux chiroptères).
  • Les impacts bruts du projet « reposent principalement sur la destruction des habitats par les aménagements et l'entretien de la bande OLD » (obligation légale de débroussaillement).
03

Consommation de terres agricoles fertiles

  • 15,84 hectares de cultures (sorgho, sarrasin, pois chiche, légumineuses, truffière) vont changer d'occupation.
  • Le SCoT du Pays de l'Isle en Périgord prescrit (P4.73) de privilégier le déploiement solaire sur toitures, ombrières de parkings et terrains artificialisés ou pollués, en évitant la consommation de terres agricoles ou fertiles.
  • À l'échelle du Pays de l'Isle en Périgord, la déprise agricole entre 2000 et 2010 a déjà concerné plus de 7 000 hectares (12 % de la SAU). Plus de 80 % des terres agricoles perdues étaient des prairies.
04

Aléas naturels et risques

  • Aléa feu de forêt élevé compte tenu de la nature boisée autour de la zone d'implantation.
  • Risques de mouvements de terrain en partie nord (retrait-gonflement d'argiles, cavités souterraines).
  • Risques inondations liés aux débordements de nappe ou inondations de cave présents sur l'ensemble du site.
05

Insuffisance de l'évitement

  • La doctrine ERC (Éviter — Réduire — Compenser) impose de privilégier d'autres sites avant de consommer des terres agricoles vivantes.
  • Des sites alternatifs (toitures, parkings, friches industrielles, abords d'autoroute) n'ont pas été suffisamment étudiés.
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1Photomontages réalisés avec l'aide d'un outil d'intelligence artificielle (Google Gemini), à partir de photographies prises sur place. Ils illustrent l'implantation du projet. Les vues de la maquette 3D sont, elles, calculées à partir des données IGN et des plans du dossier de permis de construire.