Comprendre la situation
Un projet photovoltaïque contesté
Les terres concernées

Vue de Varenas (rive gauche vallée du Vern)

Vue de Varenas (rive gauche vallée du Vern)




Localisation sur la carte
Tracé indicatif de l'emprise du projet sur la commune de Grignols. Sources : avis du Syndicat Mixte du Pays de l'Isle en Périgord (délibération n° 2025-07-BU-02 du 16 juillet 2025).
Un projet en zone agricole non constructible
Les parcelles concernées, classées en zone non constructible (ZnC), viennent d'être inscrites par la commune en Zone d'accélération des Énergies Renouvelables.
Aujourd'hui, ces terres sont exploitées en agriculture biologique (pois chiche, sorgho, sarrasin, truffe, noyers). Le projet prévoit leur conversion en pâturage ovin sous panneaux, avec une centaine de brebis. Sur les 16,34 ha clôturés, 15,84 ha de cultures vont changer d'occupation.
L'avis du Syndicat Mixte
Le 16 juillet 2025, le Bureau du Syndicat Mixte du Pays de l'Isle en Périgord a rendu un avis favorable au projet. L'avis lui-même reconnaît « un impact assez fort du projet sur l'environnement et la biodiversité ».
Un calendrier qui s'accélère
Le projet a démarré en 2021. Le conseil municipal de Grignols a délibéré favorablement. La Communauté de Communes Isle Vern Salembre (CCVIS) a donné son accord et inscrit la zone au futur PLUi (horizon 2026). L'étude d'impact et l'évaluation environnementale sont en cours, et l'enquête publique interviendra dans les prochains mois.
C'est maintenant que notre mobilisation peut peser. L'enquête publique est la fenêtre décisive pour faire valoir nos arguments.
Pourquoi nous nous opposons
Nos arguments
L'association ne s'oppose pas aux énergies renouvelables. Elle s'oppose à l'implantation d'une centrale photovoltaïque industrielle sur 16 hectares de terres agricoles vivantes, en plein cœur d'un paysage et d'un patrimoine remarquables — alors même que les documents d'urbanisme prescrivent d'éviter ces sites.
Avis des commissions départementales et régionales
- L'unité départementale de l'architecture et du patrimoine de la Dordogne a émis un avis défavorable.
- L'architecte conseil de l'État a émis un avis très défavorable.
- Le paysagiste-conseil de l'État a émis un avis très défavorable.
- La maire de Neuvic a émis un avis défavorable.
- La mission régionale d'autorité environnementale Nouvelle-Aquitaine (MRAe) considère l'impact paysager du projet non conciliable avec le site d'implantation (page 10 de l'avis de la MRAe).
- Cette même mission déplore :
- l'absence du volet agricole dans la description du projet (page 3 de l'avis de la MRAe)
- l'absence du bilan des gaz à effet de serre (page 7 de l'avis de la MRAe)
- l'absence de demande de dérogation à l'interdiction d'habitats d'espèces protégées (espaces de reproduction et espace de repos) (page 8 de l'avis de la MRAe)
- que le pétitionnaire aurait dû rechercher d'autres sites d'implantation (page 9 de l'avis de la MRAe)
- Elle recommande également :
- de reprendre l'évaluation des impacts résiduels du projet sur les habitats naturels et la faune (page 8 de l'avis de la MRAe)
- la mise en place de mesures de suivi écologique du projet (page 8 de l'avis de la MRAe)
- que les enjeux paysagers du site d'implantation soient reclassés au niveau maximal « Fort » (page 6 de l'avis de la MRAe)
Biodiversité, ZNIEFF et zones humides
- Le projet est directement concerné par une ZNIEFF de type II et une ZNIEFF de type I ; un site Natura 2000 se trouve à proximité.
- 6 habitats de type zone humide floristique ont été recensés, soit environ 7,8 hectares, inventoriés au SDAGE Adour-Garonne 2022-2027.
- 12 espèces patrimoniales possèdent des potentialités d'accueil importantes sur le périmètre élargi : Agrion de Mercure, Cuivré des marais, Damier de la Succise, Grand Capricorne, Lucane cerf-volant…
- Les inventaires recensent oiseaux, mammifères, chiroptères, herpétofaune, amphibiens, insectes et arbres remarquables (favorables aux chiroptères).
- Les impacts bruts du projet « reposent principalement sur la destruction des habitats par les aménagements et l'entretien de la bande OLD » (obligation légale de débroussaillement).
Consommation de terres agricoles fertiles
- 15,84 hectares de cultures (sorgho, sarrasin, pois chiche, légumineuses, truffière) vont changer d'occupation.
- Le SCoT du Pays de l'Isle en Périgord prescrit (P4.73) de privilégier le déploiement solaire sur toitures, ombrières de parkings et terrains artificialisés ou pollués, en évitant la consommation de terres agricoles ou fertiles.
- À l'échelle du Pays de l'Isle en Périgord, la déprise agricole entre 2000 et 2010 a déjà concerné plus de 7 000 hectares (12 % de la SAU). Plus de 80 % des terres agricoles perdues étaient des prairies.
Aléas naturels et risques
- Aléa feu de forêt élevé compte tenu de la nature boisée autour de la zone d'implantation.
- Risques de mouvements de terrain en partie nord (retrait-gonflement d'argiles, cavités souterraines).
- Risques inondations liés aux débordements de nappe ou inondations de cave présents sur l'ensemble du site.
Insuffisance de l'évitement
- La doctrine ERC (Éviter — Réduire — Compenser) impose de privilégier d'autres sites avant de consommer des terres agricoles vivantes.
- Des sites alternatifs (toitures, parkings, friches industrielles, abords d'autoroute) n'ont pas été suffisamment étudiés.
Adhérer prend deux minutes et c'est gratuit.
